Mes lectures
Marie Darrieussecq nous a habitués dans ses romans à parler d'enfants. On se souvient encore du sien dans un récit autobiographique appelé Le Bébé (2005). Si ce nouveau livre, purement fictionnel, renoue avec l'obsession de l'auteure pour les bambins, il quitte cependant la sphère de la maternité pour se placer sous le signe de la mort, puisqu'il fait parler une femme qui précisément raconte la disparition de son fils. C'était il y a dix ans. Tom mourait accidentellement dans un appartement de Sydney, en Australie, où sa mère, française expatriée, vivait après quelque temps passé à Vancouver. L'exil, la perte... La perte irrémédiable et l'exil total, loin du pays natal, loin de la langue natale, à une distance infinie de Tom et pourtant toujours près de lui, de l'autre côté des paupières... Aujourd'hui, sa mère se confie sur un cahier.
Sans pathos, avec une acuité du regard presque clinique, Marie Darrieussecq signe un âpre tombeau littéraire qui porte le nom de l'évidence tragique et insoluble de la Réalité : Tom est mort.
♥♥♥