Mes lectures
Dans ce texte servi par une prose très sobre sous laquelle court une violence sourde, il sera question, à l'occasion d'un long séjour à Kotelnitch, une petite ville de Russie où doit se tourner un reportage, d'explorer, sur le mode de l'aveu, la constitution tragique de l'auteur lui-même : une langue maternelle évanouie et sans cesse désirée (le russe) ; le fantôme du grand-père, voire même ses doubles maudits (un pauvre Hongrois enfermé durant plusieurs décennies dans un hôpital psychiatrique soviétique avant son retour au " bercail " en Hongrie) ; une relation amoureuse tumultueuse entre Paris, Kotelnitch et l'île de Ré (là, c'est moins russe) ; la figure de la mère et le tabou familial à briser...