Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:26

Malgré le côté indigne de cette grand-mère, on s'attache fortement à elle; peut-être parce que, si on la compare à sa fille, cette dernière est encore pire! Je tenterai volontiers d'autres romans de Valérie Saubade (Les petites soeurs ou Marche arrière).

 

« J'ai décidé hier après-midi de tuer ma fille. À quatre-vingts ans, cela ne va pas être facile. D'autant que je me déplace en fauteuil roulant. »

Mais cette octogénaire hémiplégique est bien déterminée à parvenir à ses fins. Car entre mère et fille, la haine est réciproque et implacable. Ancienne pianiste, adulée par les hommes, despotique, Éléonore ne s'est jamais préoccupée de personne sauf d'elle-même. Terne et aigrie, sa fille Élisabeth attend de pied ferme l'héritage. Et soigne sa mère indigne de façon très personnelle…

♥♥♥♥

Partager cet article
Repost0
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 12:02

Je n'ai pas retrouvé le plaisir que j'avais eu à lire La délicatesse ou Les souvenirs du même auteur

"Je pense à Iris qui fut importante tout de même, à Emilie aussi, à Céline bien sûr, et puis d'autres prénoms dans d'autres pénombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est là, immuable, avec encore des rires au-dessus de nos têtes, comme si le premier amour était une condamnation à perpétuité. " Alice et Fritz s'aiment, et passent leur vie à se séparer. Les raisons : la cyclothymie des mouvements passionnels, les parents et les beaux-parents, le travail et les collègues, les amis d'enfance, deux polonais comme toujours, les cheveux et les dents, une longue histoire de cravate, la jalousie, et Schopenhauer bien sûr.

♥♥

Partager cet article
Repost0
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 12:00

Parfaite lecture d'été!

 

Cela nous est arrivé – ou cela nous arrivera – à tous : on regarde une photo de soi et l’on se reconnaît à peine. « C’est moi, cette dame/ce monsieur ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai rien vu venir ! »
Lorsque Alice Mignan-Bertin, 45 ans, se rend compte que son mari et elle-même ont pris un coup de vieux, elle s’affole : pas question de se laisser aller, c’est trop tôt pour rendre les armes, il va falloir se battre ! D’abord réticent à une démarche qu’il trouve narcissique, et surtout perdue d’avance, son mari, Nicolas, s’aperçoit qu’il a intérêt lui aussi à tout mettre en œuvre pour remonter le temps : dans une société hyper-compétitive, passer de « l’autre côté » peut, professionnellement, signer son arrêt de mort. Le couple entreprend sa mue, tandis qu’autour de lui amis et collaborateurs vivent des aventures parallèles avec ce point commun : « déjà-vieux » de 30 ans ou « toujours-jeunes » de 50 ans, aucun d’entre eux ne vit en harmonie avec son état civil. À croire que le syndrome qui frappe Alice et Nicolas Mignan-Bertin est une épidémie des temps modernes…
Alix Girod de l’Ain a eu l’idée de ce roman lorsqu’un jour elle a entendu son mari dire, devant une photo de couple : « Tiens, ça y est, on ressemble à des amis des parents. » Le lendemain, en conférence de rédaction, elle a surpris une pigiste gémissant : « Je vais avoir 25 ans, c’est fini, je suis vieille. » Le constat était sans appel. Tout le monde, ou presque, aujourd’hui a un problème avec son âge. Fidèle à son credo « il faut sourire de tout », elle pose en filigrane, à travers cette comédie sentimentale menée tambour battant, une véritable question de société : peut-on, et surtout doit-on, mener un combat contre le temps qui passe ?

Un thriller conjugal d’Alix Girod de l’Ain, journaliste décomplexée au magazine ELLE depuis quinze ans. Parfaitement à l’aise avec son âge, elle avoue volontiers être plus proche de 30 ans que de 20. Et c’est vrai.

♥♥♥

Partager cet article
Repost0
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 11:53

Charlie dite Charlotte est en colère. Contre son oncle, ce macho qui l'a élevée comme un p'tit mec, à la dure. Contre les hommes, aveuglés par sa beauté de saltimbanque, qui refusent de voir la fille tordue-bricolée qu'elle est. Certaines nuits, elle rêve qu'ils disparaissent: son oncle, les hommes, tous. Seule sur terre, elle serait libre, enfin. Un matin, elle se réveille dans une ville totalement déserte. Ailleurs, au même moment, ils sont trois à voir aussi leur désir devenir réalité: Eric a l'occasion de réparer ses erreurs passées. Michèle retrouve sa jeunesse. Lorine devient la prestigieuse journaliste qu'elle souhaitait être.

♥♥♥

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:46

La soirée organisée pour célébrer le troisième divorce de Jérôme avait super bien commencé. Dans une ambiance détendue, chacun y allait de bon coeur pour raconter son dernier échec. Et puis soudain un inconnu demande à Julie ce qu'elle a fait de plus idiot dans sa vie. Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Enfiler un pull en dévalant des escaliers, ou tenter de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents. Mais tout cela n'est rien comparéà son obsession pour son nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu. Et tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses délirantes qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle s'évertue à percer le secret. Poussée par son esprit, son coeur et son imagination, de plus en plus attirée par celui à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va chaque jour prendre davantage de risques, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à la drôle de question posée par un inconnu dans une soirée...

♥♥♥

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:45

Inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper –ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Kenner connaît une enfance particulièrement difficile. Enfant de parents divorcés, il est confié à la garde de sa mère – une femme caractérielle, dominatrice, impulsive, maltraitante. À l’adolescence, il est envoyé chez ses grands-parents paternels, qui habitent une ferme en Californie. Il subit alors la tyrannie de sa grand-mère, copie conforme de sa mère… en pire. Un jour, alors qu’il rentre d’une partie de chasse, Al abat froidement ses grands-parents. Aux policiers, il explique : « Je voulais juste voir ce que ça ferait de tuer grand-maman ». Bien qu’âgé de 16 ans, il est interné dans un hôpital psychiatrique pour adultes. Libéré à l’âge de 21 ans sur décision favorable des psychiatres, ce jeune homme – devenu un géant de 2,10 m – réussit à tenir ses démons en cage pour un moment. Il obtient un poste dans la Division des Autoroutes californiennes et prend un appartement à Alameda, près de Santa Cruz. Al s’est toujours senti abandonné. C’est un être cassé, humilié, rejeté depuis sa plus tendre enfance. Quand son rêve de devenir policier s'écroule à cause de sa taille et de son poids, son sentiment d’injustice est à son paroxysme. Il doit se venger. Tuer. Violer. Démembrer. C’est avec une minutie effrayante qu’il prépare ses meurtres. Il va assassiner six jeunes auto-stoppeuses, toutes étudiantes à l’Université du comté de Santa Cruz. Il dépèce les victimes à la fois « par curiosité » et pour que les corps soient plus difficiles à identifier. Il possède un stock de Polaroïds des cadavres, qu'il regarde souvent en fantasmant ; quand il ne ramène pas carrément leurs têtes en guise de trophées. Kenner sombre alors dans une forme grave de schizophrénie : le tueur sanguinaire semble complètement inséré dans la société, et passe même de long moment avec ses amis policiers qui lui racontent les difficultés de leur enquête sur le tueur en série qui sévit dans la région ! C’est après le meurtre de sa mère, en 1973, qu’il se livre à la police après trente heures de conduite sur les routes du Colorado. Au psychiatre, Kenner déclare : « Je voulais faire du mal à ma mère ». Il touche alors du doigt la clé du problème. Il élimine des femmes qu'il associe à sa mère : celle-ci travaillait à l'université, il choisit donc des étudiantes. Jugé responsable de 8 meurtres, Kenner est condamné à la prison à perpétuité. Dans ce roman puissant et captivant Marc Dugain s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès.

♥♥♥

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:41

Plusieurs destins s'entrelacent dans ce nouveau récit de Nathalie Léger. Ils se nouent autour d'un film, Wanda, réalisé en 1970 par Barbara Loden, un film admiré par Marguerite Duras, une œuvre majeure du cinéma d'avant-garde américain. Il s’agit du seul film de Barbara Loden. Elle écrit, réalise et interprète le rôle de Wanda à partir d'un fait divers : l'errance désastreuse d'une jeune femme embarquée dans un hold up, et qui remercie le juge de sa condamnation. Barbara Loden est Wanda, comme on dit au cinéma. Son souvenir accompagne la narratrice dans une recherche qui interroge tout autant l'énigme d'une déambulation solitaire que le pouvoir (ou l'impuissance) de l'écriture romanesque à conduire cette enquête.
Il y a d'abord l'errance de cette femme, Wanda, apparemment sans attaches et sans désirs ; il y a ensuite la recherche de Barbara Loden, une actrice rare, une cinéaste inspirée, une femme secrètement blessée, et qui cherche la vérité de son existence à travers un fait divers ; il y a enfin l'enquête de la narratrice. Trois destins entremêlés pour une même recherche sans objet, une même façon d'esquiver ou d'affronter la réalité. Wanda/Barbara : qu'est-ce que l'une cherche à travers l'autre, et qu'est-ce que la narratrice cherche à travers elles ?
Barbara Loden est née en 1932, six ans après Marilyn Monroe, la même année qu'Elizabeth Taylor, Delphine Seyrig et Anouk Aimée. Elle a trente-huit ans lorsqu'elle réalise et interprète Wanda en 1970. Elle est la seconde femme d'Elia Kazan. Elle a joué dans Le Fleuve sauvage et dans La Fièvre dans le sang. Elle devait jouer dans The Swimmer avec Burt Lancaster, mais ce fut Janet Landgare qui eut le rôle ; elle devait jouer dans L'Arrangement avec Kirk Douglas, mais ce fut Faye Dunaway qui eut le rôle. Elle est morte jeune, à 48 ans. Wanda est son premier et son dernier film. Quoi d'autre ? Comment la décrire, comment décrire un corps et une présence inconnus ? La narratrice lit des témoignages, regarde des images, décrit le film, tente de s'approprier un visage, de découvrir un corps sous un autre, elle cherche à reconstituer les bribes d'une vie pour la tirer un instant de l'oubli, et revenir sur sa propre amnésie.

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:35

« Pendant une longue période, qu'au fond je n'ai à coeur ni de situer dans le temps, ni d'estimer ici en nombre d'années, j'ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l'on considère qu'une part colossale de sensualité a accompagné ces années, ou seuls les rêves ont comblé mes attentes ? mais quels rêves ?, et ou ce que j'ai approché, ce n'était qu'en pensée - mais quelles pensées. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu'est la caresse pour quelqu'un qui n'est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l'obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu'elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j'éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre. »

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:30

Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935.

Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans.

Son projet était d’observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme.

Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l’univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l’intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:23

C'est l'histoire d?un garçon hanté par la Shoah. Pourtant, ni lui ni sa famille n?ont été touchés par le génocide. Mais enfant, il a vu à la télévision des images qu'il n?aurait pas dû voir - le cauchemar trop réel de Nuit et Brouillard. Cela a suffi à faire écrouler le début de sa vie. C?est l?histoire de cet adolescent qui n?a plus trouvé le sommeil, et décidé de ne plus manger. Qui a construit son existence sur une obsession, celle de ces scènes d'extermination massive, et qui s'y est perdu, à force de s'interroger. Comment cela a-t-il été possible ? Comment vivre parmi les hommes après ça ? Comment être un homme ? Sous la forme d'un monologue introspectif, le garçon devenu adulte raconte le choc, la douleur, les délires, la descente aux enfers, depuis l'enfant brusquement orphelin de ses frères humains, à l'adolescent anorexique qui mène une lutte intransigeante contre le bonheur, confondant devoir de mémoire et devoir de souffrance. Et nous écoutons, dans un texte aussi court que percutant, le cheminement de cette conscience en butte avec LA page noire du XXe siècle. Avec une honnêteté désarmante, Mazarine Pingeot surprend, encore une fois. C?est la voix d?une génération mal à l?aise qu?elle élève, une génération grandie dans l?effroi et l?abstraction d?une horreur à laquelle elle a échappé, mais qui a fondé son époque ainsi que celles à venir. Une génération où chacun, juif ou non, s?est retrouvé en prise avec cette question. Parce que la Shoah est l?héritage qui continue de mettre à mal l'idée d'humanité, parce qu'elle demeure une blessure, parce qu'il est nécessaire qu'elle le demeure. La mémoire, la dépression, la difficulté d'aimer, le poids écrasant de l'Histoire sur les destins individuels, Mazarine Pingeot retrouve des thèmes qu'elle tisse en les variant d'un livre à l'autre, construisant une oeuvre sombre et singulière. Mais cette fois, c'est l'individu qui s'en prend à l'Histoire, et tente de la soumettre. Un combat vain, dont l'issue, malgré tout, recèle un espoir : celui d'une descendance meilleure.

Partager cet article
Repost0